AGIRC-ARRCO gelée jusqu'en novembre : combien perdez-vous et comment compenser ?
Décision rare en quatre ans : la valeur du point AGIRC-ARRCO est gelée à 1,4386 € jusqu'au 31 octobre 2026. C'est le premier gel depuis la fusion des deux régimes en 2019. Pour les retraités du privé, et particulièrement les cadres, cela représente plusieurs centaines d'euros de pouvoir d'achat perdu sur l'année.
En bref : Valeur du point AGIRC-ARRCO maintenue à 1,4386 € jusqu'au 31 octobre 2026 — premier gel depuis 2019. Pensions de base revalorisées de 2,2 %, complémentaires figées. Pour un cadre supérieur, perte estimée de 200 à 600 €/an. Plusieurs leviers de compensation à activer.
Le gel acté jusqu'au 31 octobre 2026
Lors de leur réunion du printemps, les partenaires sociaux (gestionnaires paritaires d'AGIRC-ARRCO) ont décidé de maintenir la valeur du point. Cette décision exceptionnelle s'explique par :
- L'équilibre financier du régime mis sous pression par la démographie
- Une volonté de préserver les réserves dans un contexte économique incertain
- L'arbitrage politique qui aurait pu être différent sans l'accord des syndicats
La prochaine révision interviendra au 1er novembre 2026, à l'occasion de la négociation annuelle.
Combien ça représente concrètement ?
L'impact varie selon le niveau de pension complémentaire :
Profil 1 : retraité ayant 10 000 points
- Pension annuelle AGIRC-ARRCO actuelle : 14 386 €
- Si revalorisation à +1,6 % (inflation moyenne) : 14 616 €
- Perte théorique : 230 €/an
Profil 2 : cadre supérieur ayant 20 000 points
- Pension annuelle AGIRC-ARRCO actuelle : 28 772 €
- Si revalorisation à +1,6 % : 29 232 €
- Perte théorique : 460 €/an
Profil 3 : cadre dirigeant ayant 30 000 points
- Pension annuelle AGIRC-ARRCO actuelle : 43 158 €
- Si revalorisation à +1,6 % : 43 849 €
- Perte théorique : 691 €/an
Et chaque année non revalorisée se cumule avec les suivantes : le manque à gagner s'inscrit dans la durée.
Les pensions de base toujours revalorisées
Bonne nouvelle dans cette mauvaise : les pensions de base (régime général + Madelin pour les indépendants) ont été revalorisées de 2,2 % au 1er janvier 2026. C'est la partie majoritaire de la pension pour les non-cadres, ce qui limite l'impact global.
Pour les cadres en revanche, l'AGIRC-ARRCO représente souvent 40 à 60 % de la pension totale — d'où l'importance du sujet.
Comment compenser ?
1. Pour les actifs (préparation retraite)
- PER : sortie en capital fractionné ou rente complémentaire — outil n°1 de compensation pour les TMI 41 % et 45 %
- Assurance-vie avec UC : rachats programmés pour générer un revenu complémentaire défiscalisé après 8 ans
- SCPI en démembrement : pleine propriété à la retraite pour un revenu locatif sans gestion
2. Pour les retraités actuels
- Sortie en capital PER : arbitrer en assurance-vie pour produire un revenu défiscalisé
- Rente PER ou Madelin : indexée le cas échéant sur des indices distincts d'AGIRC-ARRCO
- Donation temporaire d'usufruit : céder l'usufruit d'un bien à un enfant majeur pour réduire son IR et l'aider
Pour quels profils ?
- Cadre supérieur > 55 ans : augmenter les versements PER pour profiter de la TMI élevée
- Retraité 60-70 ans : arbitrer ses contrats vers des UC dividendes ou SCPI européennes
- Retraité > 70 ans : stratégie centrée sur l'assurance-vie et la transmission
Notre conseil : Le gel de l'AGIRC-ARRCO n'est probablement pas isolé : les déséquilibres démographiques du régime laissent présager d'autres décisions difficiles dans les prochaines années. Anticipez en constituant une poche retraite personnelle via PER, assurance-vie et immobilier rentable. Plus tôt vous commencez, plus le levier des intérêts composés joue.
Source de l'article :
AGIRC-ARRCONewsletter patrimoine
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