Or : 193 Md$ de demande au T1 2026, faut-il encore acheter à 4 800 $ l'once ?
193 milliards de dollars : c'est le montant historique de la demande d'or au premier trimestre 2026, selon le World Gold Council. Banques centrales, particuliers asiatiques et investisseurs occidentaux convergent vers le métal jaune dans un contexte de tensions géopolitiques. À 4 800 $ l'once, faut-il encore en acheter ?
En bref : Demande totale T1 2026 à 193 Md$ (record absolu), banques centrales à 244 tonnes nettes (+3 % vs T1 2025), cours stabilisé à ~4 800 $/once après pic à 5 595 $ en janvier. L'or conserve sa place de valeur refuge mais à des niveaux historiquement élevés.
Un T1 2026 historique
- Demande totale : 193 Md$ (record selon le WGC)
- Banques centrales : 244 tonnes nettes au T1 (+3 % vs T1 2025, supérieur à la moyenne 5 ans)
- Cours moyen avril : ~4 800 $/once (≈ 4 080 €)
- Pic janvier 2026 : 5 595 $/once
Trois moteurs principaux :
- Diversification des banques centrales hors dollar (notamment BRICS+)
- Demande physique asiatique (Chine, Inde) pour la bijouterie et les lingots
- Statut de valeur refuge renforcé par les tensions Moyen-Orient
Faut-il encore acheter ?
La question divise. Arguments pour :
- Politique monétaire BCE encore accommodante en 2026
- Inflation persistante en zone euro (3,0 % en avril)
- Tensions géopolitiques structurelles
- Diversification des banques centrales toujours en cours
Arguments pour la prudence :
- Niveaux historiquement élevés (× 2,5 vs 2020)
- Risque de correction technique après le pic de janvier
- L'or ne génère pas de revenus (vs SCPI, dividendes, fonds euros)
Les formats d'investissement
1. Or physique (lingots, pièces)
Avantages : possession directe, hors système financier. Inconvénients : frais d'achat (~3-5 %), stockage (coffre bancaire ou domicile sécurisé), liquidité plus lente. Pas de TVA sur les pièces et lingots d'investissement (or fin ≥ 995 ‰).
2. ETC or (Exchange Traded Commodities)
Réplique le cours de l'or via une certificat adossé à de l'or physique. Frais 0,15-0,40 % par an. Disponible sur compte-titres (pas en PEA car or non éligible). Liquidité quotidienne en bourse.
3. Fonds aurifères (mines d'or)
Investissement dans les sociétés minières (Newmont, Barrick, etc.). Effet de levier sur le cours de l'or, mais risques opérationnels (grèves, gisements épuisés, pays politiquement instables).
4. Or via assurance-vie
Certains contrats assurance-vie proposent des UC adossées à l'or (souvent via un OPCVM aurifère). Avantage : fiscalité de l'assurance-vie après 8 ans. Inconvénient : frais cumulés.
Quelle pondération dans un patrimoine ?
Les approches classiques :
- 5 % du patrimoine financier : pondération conservatrice
- 5-10 % : pondération équilibrée pour patrimoine diversifié
- 10-15 % : pondération hawkish, à réserver à un contexte stagflationniste persistant
- > 15 % : sur-pondération risquée vu l'absence de revenus de l'or
Pour quels profils ?
- Patrimoine > 500 k€ : 5-10 % de diversification or pertinente
- Profession libérale : peut compléter une stratégie patrimoniale (voir nos fiches)
- Préparation cession d'entreprise : l'or peut servir de poche défensive en attente du cap
Notre conseil : À 4 800 $/once, l'or n'est pas un point d'entrée historique, mais une diversification mesurée (5-10 %) reste pertinente compte tenu du contexte. Privilégiez les formats à frais limités (ETC, OPCVM aurifères) plutôt que le physique pour des montants modérés. Et n'oubliez pas : l'or n'est pas un placement de rendement, c'est une assurance.
Source de l'article :
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